1992. L'âge d'or retrouvé du rock n' roll. Après une tournée mémorable en compagnie de Nirvana, Dinosaur Jr et consorts (non, consorts n'est pas un groupe), relatée dans le documentaire 1991 : The Year Punk Broke, et l'explosion du mouvement grunge dans lequel Sonic Youth est un peu pour quelque chose, aux côté de Neil Young, des Pixies et de... Dinosaur Jr ; 1992 se pose là. Nevermind a explosé, Pearl Jam et Soundgarden se sont imposés... Et Sonic Youth livre Dirty, deuxième album à être produit par Geffen.


Thurston Moore dira qu'il s'agit là de la seule incartade "commerciale" du groupe ; l'idée de ce qui peut être commercial ou non étant à mettre en perspective lorsqu'il s'agit de Sonic Youth qui, sur cet album, flirte bien davantage avec le metal et accentue de manière significative son côté noise sur de nombreux titres. Malgré tout, c'est bien Dirty et des titres comme "Sugar Kane" qui permettront à la formation de New-York de se faire connaître du grand public.


Bijou parmi les bijoux, "Chapel Hill" affiche une maîtrise remarquable, à l'épreuve du temps voire de la fin du monde. L'ensemble de l'album, produit par Butch Vig, s'intercale dans la discographie entre le révolutionnaire Goo - surtout parce qu'il fut le premier chez Geffen - et l'anticonformiste Experimental Jet Set, Trash And No Star. Et même si le fait d'armes de Dirty n'est pas de témoigner - officiellement - de son époque (La Library Of Congress accueille en son sein Daydream Nation, reconnaissant ainsi l'album comme un témoignage de l'Histoire des USA sous Reagan), il n'en reste pas moins que des brûlots comme "Chapel Hill" ou "Youth Against Fascism" gardent vif l'engagement du groupe dans les affaires de son époque.


Dirty demeure, au final, le centre de gravité de la carrière des New-Yorkais, la sortie si bien négociée du virage abordé avec Goo (orthographe au choix).


Bon anniversaire !


Sonic Youth, Dirty, 1992, Geffen (réédition "deluxe" avec inédits en 2003)