Haida - Holy Noise From Above
Par Steve Bonet le lundi 21 mai 2012, 18:24 - Musique - Lien permanent
Pour sa première sortie, ce groupe de Belfast signe plutôt là un mini-album plutôt consistant : épique, inspiré, Holy Noise From Above mérite le coup d'oreille.

Oscillant entre post-rock aux accents néoclassiques et expérimentations bien senties, Haida donne à entendre un son à la fois particulier et, en même temps, bien au chaud dans un nid dont toutes les brindilles sont connues. Elevé à coup sûr au son de Godspeed You ! Black Emperor (on ne s'en rend compte que sur "Maria, Queen Of The Boards") et Mono, il emprunte néanmoins la plupart de son style aux Britanniques (Anglais, cette fois-ci) de chez Yndi Halda, maîtres de la majesté mélodique et auteurs de trésors tels que "We Flood Empty Lakes". D'ailleurs, le nom est-il un hommage, un emprunt ? C'est en tout cas une ressemblance supplémentaire.
Le premier morceau, "Holy Noise From Above", qui est d'ailleurs le seul puisqu'il s'agit d'une composition de 25 minutes découpée dans les pistes suivantes - construction particulière -, confirme bien cette filiation, surtout lorsque le titre commence à décoller autour de la sixième minute. Ces gens-là prennent leur temps, dont acte. Musique atmosphérique instrumentale, disent-ils ; c'est tout à fait vrai, aucun risque de mentir sur la marchandise.
Côté instruments, le groupe s'appuie sur une structure typique à guitares relayées par un violon ; la particularité, en la matière, vient plutôt de l'usage d'une trompette qui, pour le coup, ne fait pas du tout penser au rôle qu'elle peut tenir chez Do Make Say Think ou même Tortoise. Le rendu donne une petite étincelle particulière aux compositions qui, à défaut d'être révolutionnaires, provoquent cette émotion si intime que l'on vient chercher lorsque l'on goûte régulièrement à cette musique.
En quatre titres finalement plutôt courts, Haida installe son ambiance, de la montée épique de "Maria, Queen Of The Boards" au volontarisme affirmé de "The Night Of The Last Judgement" en passant par la volupté apaisante de "He Says He Had The Sun", respiration contrôlée tout en onirisme. La boucle est bouclée, reste plus qu'à refaire un tour tant l'ensemble passe, finalement, vite.
Vous l'aurez compris, Haida œuvre dans le post-rock classique, certes, mais on se laisse suffisamment emporter pour y retourner, ce qui est possible au fil de l'écoute même. A suivre.
Haida, Holy Noise From Above, 2012, autoproduit