Ewert And The Two Dragons - Good Man Down
Par Steve Bonet le vendredi 20 avril 2012, 12:42 - Musique - Lien permanent
Mieux vaut tard que jamais... Deux mois après, cet article voit enfin le jour ! Sachant que les Estoniens les plus recherchés du paysage pop passent aujourd'hui même en concert à deux pas de la maison, à Toulouse, il était vraiment temps d'évoquer la surprise pop de ce début d'année qui, sans aucun doute, s'appelle Ewert And The Two Dragons.

Il aura fallu deux mois et demi d'écoute intensive, un article énervant (et un brin condescendant derrière les compliments) de la part des Inrocks, un passage à "Ce Soir ou Jamais" et le rappel que leur concert était bien aujourd'hui pour se décider, enfin, à parler de ce quatuor incontournable venu d'Estonie et signé, plus proche de chez nous, sur l'impeccable label bordelais Talitres, qui abrite entre autres Rubik, Emily Jane White ou Idaho.
Les Inrocks parlent de "pop émerveillée"... Jusque là, tout va bien. Le hic, c'est de prendre sans cesse la pop britannique comme horizon de référence alors que les courants qui traversent Ewert And The Two Dragons emmènent bien plus loin, de la Scandinavie avec les Wannadies, Rubik et Jay-Jay Johannson aux Etats-Unis, entre REM et les Fleet Foxes.
Entre les deux, l'album se construit en nous laissant pointer de ci, de là, quelques notes familières, réveillant tantôt nos souvenirs d'americana délicate, tantôt les émotions suscitées il y a encore peu de temps par Unbelievable Truth. C'est d'ailleurs cette dernière référence qui revient le plus souvent, pour les orchestrations délicates ("You Had Me At Hello") comme pour la voix d'Ewert, parfois si proche de celle d'Andy Yorke, le frère de Thom ("Burning Bush", sublime).
Le résultat donne un album coloré et généreux ; chaleureux et vivant dès l'ouverture avec le single "(In The End) There's Only Love") puis bien plus complexe en bouche avant de révéler toutes ses saveurs sur l'incroyable "Panda". Le reste y est impeccable et varié, évoquant même Days Of The New le temps d'une introduction, celle de "The Rabbit". Quand au final "You Had Me At Hello", il est tout simplement de la trempe de conclusions pop inoubliables telles que "Falls To Climb", en fermeture de l'Album Up d'REM.
Vous l'aurez compris, l'écoute est essentielle. Nécessaire, même, en ce temps de grisaille annoncée d'un point de vue météorologique, économique, politique... Pas de panique, Ewert et ses deux dragons sont là pour éclaircir un peu l'horizon et, faites-leur confiance, en Estonie, on sait faire bon usage de la lumière.
Ewert And The Two Dragons, Good Man Down, Talitres, 2012
En concert à Toulouse le 20 avril 2012 au Connexion Café(rue Gabriel Péri) à 20h30, pour une poignée d'euros !